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Guide · Sous-titrage SME / SDH

Sous-titrage SME : code couleur, vitesse de lecture, formats et différence avec le SDH

Par l’équipe ForAccess · publié le 2 novembre 2026 · 9 min de lecture

La réponse courte

Les sous-titres SME (pour sourds et malentendants) transcrivent les dialogues, mais aussi les sons et la musique utiles à la compréhension. En France, la charte du 12 décembre 2011 fixe 16 critères, dont un code de six couleurs (blanc, jaune, rouge, magenta, cyan, vert), une vitesse de lecture de 12 caractères par seconde et deux lignes au maximum pour les programmes enregistrés. Le SDH est l'équivalent anglophone utilisé par les plateformes, qui appliquent leurs propres guides de style. Le format de fichier dépend du diffuseur : STL pour la télévision, SRT ou WebVTT pour le web, TTML ou IMSC pour les plateformes, timed text pour le DCP.

Un sous-titre classique traduit ou transcrit ce que disent les personnages. Un sous-titre pour sourds et malentendants doit aussi faire entendre ce qu'on ne voit pas : une porte qui grince hors champ, un téléphone qui sonne, une voix qui chuchote, une chanson qui commente la scène. En France, ce travail suit une charte précise. Ce guide en détaille les règles, explique la différence avec le SDH des plateformes et fait le point sur les formats de fichiers.

SME, SDH, sous-titres classiques : quelles différences ?

  • Sous-titres classiques : la transcription ou la traduction des dialogues, sans indication sonore.
  • Sous-titres SME : les dialogues, plus l'identification des locuteurs, les sons, la musique et les indications de ton, selon la charte française de 2011.1
  • SDH (Subtitles for the Deaf and Hard of hearing) : le même objectif, avec les conventions des guides de style anglophones et des plateformes. Netflix, par exemple, limite chaque sous-titre à deux lignes et à une durée comprise entre cinq sixièmes de seconde et 7 secondes.5

Concrètement, un fichier SME conforme à la charte française n'est pas toujours accepté tel quel par une plateforme, et inversement : c'est pourquoi on parle d'« adapter des SME en SDH ».

Le code couleur de la charte de 2011

La « Charte relative à la qualité du sous-titrage à destination des personnes sourdes ou malentendantes », datée du 12 décembre 2011 et publiée par le CSA, compte 16 critères. Son critère 9 définit le code couleur :1

CouleurUsage
BlancLocuteur visible à l'écran, même partiellement
JauneLocuteur hors champ
RougeIndications sonores
MagentaIndications musicales et paroles des chansons
CyanPensées d'un personnage ou d'un narrateur (fiction), commentaires en voix off (reportages, documentaires)
VertLangue étrangère ; si la transcription est impossible, trois petits points verts à gauche de l'écran

La charte précise qu'un programme entièrement doublé en français, hors documentaire, doit lui aussi être sous-titré avec ce code couleur.1 C'est cette charte que le CNC impose pour les fichiers financés par son aide à l'accessibilité.2

Vitesse de lecture et mise en page

Pour les programmes enregistrés, le critère 6 fixe la vitesse de lecture à 12 caractères par seconde, avec des repères : 20 caractères pour 2 secondes, 36 pour 3 secondes, 60 pour 4 secondes. Les laboratoires sont invités à respecter ces valeurs avec une tolérance de 20 %.1

  • Nombre de lignes : deux au maximum pour un programme enregistré, trois en direct.1
  • Position : le sous-titre se place au plus près de la source sonore, et ne doit pas masquer, dans la mesure du possible, les textes incrustés ni les éléments importants de l'image, comme les lèvres d'un locuteur.1,4
  • Lisibilité : la charte recommande un bandeau noir translucide et des lettres cerclées de noir.1
  • Rythme : le sous-titrage reste discret et suit au plus près le rythme du montage.1

Transcrire les sons et la musique

Le sous-titreur ne décrit que les sons significatifs que l'image ne montre pas : inutile d'écrire « explosion » si l'explosion est à l'écran. La charte fixe aussi des conventions typographiques :1

  • les parenthèses pour les chuchotements et les apartés ;
  • le tiret pour signaler un changement de locuteur ;
  • les majuscules seulement quand plusieurs personnes disent le même texte (et pour certains sigles) ;
  • la transcription des chansons françaises ou étrangères, avec par défaut le nom de l'interprète et le titre.

En direct, le retard doit être ramené sous 10 secondes, sans supprimer une partie significative du discours : on adapte le texte plutôt que de couper.1

Les formats de fichiers

FormatOrigineUsage courant
SRT (SubRip)Format texte né du logiciel SubRip : un numéro, un time code de début et de fin, le texte7Lecteurs vidéo, web, réseaux sociaux
STL (EBU)Format d'échange de sous-titres de l'UER (EBU Tech 3264), publié en 19918Télévision
WebVTTFormat texte du W3C pour les pistes de texte synchronisées, lu par l'élément HTML <track>9Web, lecteurs HTML5
TTML / IMSCProfils TTML du W3C pour les sous-titres sur Internet (IMSC 1.2, recommandation d'août 2020)10Plateformes de streaming

Pour la télévision française, la recommandation technique CST-RT-040 des fichiers prêts à diffuser demande des sous-titres « français sourds et malentendants » au format STL (norme EBU N19-2002) : 25 images par seconde, affichage télétexte de niveau 1, 37 caractères par ligne au maximum, deux lignes de texte, positionnement selon la charte, et un dernier sous-titre qui se termine au plus tard 3 secondes avant la dernière image utile.6 Netflix, de son côté, demande des fichiers TTML positionnés en pourcentages et renvoie à ses spécifications de livraison pour les formats acceptés.5

En salle : sous-titres ouverts ou fermés dans le DCP

Dans un DCP, les sous-titres sont des fichiers de timed text. Les sous-titres ouverts s'affichent sur l'écran pour toute la salle ; les sous-titres fermés (closed captions) s'affichent sur un dispositif individuel. Une composition peut contenir jusqu'à six pistes de timed text hors écran, une par langue. En SMPTE, le format est défini par la norme SMPTE ST 428-7 et le fichier est encapsulé en MXF ; en Interop, le format est CineCanvas, un fichier XML livré avec ses polices.11

Qui doit sous-titrer ?

À la télévision, les chaînes dont l'audience dépasse 2,5 % doivent sous-titrer la totalité de leurs programmes, hors publicité et dérogations ; les autres ont des proportions fixées par convention avec l'Arcom.3 Au cinéma, le fichier SME fait partie des conditions de l'agrément des films français depuis le 1er janvier 2020.12 Et le CNC aide les producteurs de films à budget modeste à financer ces fichiers.2

Cas pratique : un documentaire de 52 minutes, télévision puis festival Une société de production livre un documentaire à une chaîne, puis le présente en festival. Pour la chaîne, elle fournit un fichier SME au format STL selon la fiche technique (pour les chaînes françaises, celle de la recommandation CST-RT-040 : 37 caractères par ligne, deux lignes, 25 images par seconde).6 Les commentaires en voix off apparaissent en cyan, les sons hors champ en rouge, les interviewés hors champ en jaune.1 Pour le festival, le même travail est converti en timed text pour le DCP, en sous-titres ouverts ou fermés selon la demande du festival.11 Si une plateforme achète ensuite le film, le fichier est adapté en SDH selon son guide de style. Un seul repérage, plusieurs livrables : c'est ce que couvre notre offre SME / SDH, sur devis.

Pour un film qui doit aussi être audiodécrit, voir notre guide audiodescription d'un film : règles, étapes et livrables. Pour un devis SME, SDH ou traduction, écrivez-nous avec la durée, la langue et les formats attendus.

Questions fréquentes

Que veut dire SME ?

SME signifie « sourds et malentendants ». Les sous-titres SME transcrivent les dialogues, identifient les locuteurs et indiquent les sons et la musique utiles à la compréhension, selon la charte française de 2011.

Quelle est la différence entre SME et SDH ?

Le principe est le même. SME désigne la pratique française encadrée par la charte de 2011 (code couleur, 12 caractères par seconde). SDH est le terme anglophone utilisé par les plateformes, qui appliquent chacune leur guide de style.

Que signifient les couleurs des sous-titres à la télévision ?

Blanc pour un locuteur visible, jaune pour un locuteur hors champ, rouge pour les sons, magenta pour la musique et les chansons, cyan pour les pensées ou la voix off, vert pour une langue étrangère.

Combien de caractères par seconde pour des sous-titres SME ?

La charte de 2011 fixe 12 caractères par seconde pour les programmes enregistrés (20 caractères pour 2 secondes, 36 pour 3, 60 pour 4), avec une tolérance de 20 %.

Quel format de sous-titres livrer à une chaîne de télévision ?

Celui de sa fiche technique. La recommandation CST-RT-040 pour les fichiers prêts à diffuser demande du STL conforme à EBU N19-2002, en télétexte de niveau 1, 37 caractères par ligne et deux lignes au maximum.

Les sous-titres SME sont-ils obligatoires pour un film ?

Pour l'agrément d'un film français par le CNC, oui depuis le 1er janvier 2020, avec le fichier d'audiodescription.

Définitions utiles

Un film à rendre accessible ?

Audiodescription tout inclus à 40 € la minute (écriture, voix, mix, livrables, QC), sous-titres SME / SDH et traduction sur devis. Réponse sous 24 h.

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